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belleplante
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Je souhaite écrire ce que je veux....l'amour au fond il n'y a que ça qui m'intéresse ! (quoique..?)
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Date de création :
29.11.2007
Dernière mise à jour :
10.07.2008
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Art et Litterature

Simone de BEAUVOIR

Posté le 09.01.2008 par belleplante
Aujourd'hui Simone de Beauvoir aurait cent ans....

Elle est chez son "ami américain" et se lave; le photographe entre dans la pièce, prend la photo. "Vilain garçon" lui dit-elle en riant...
(cela ne me rappelle t'il pas une situation vécue, toutes proportions gardées...?)

Un hommage à cette grande dame plutôt qu'une couverture racoleuse du Nouvel Obs ! elle a voulu être anti conformiste et a su le montrer (et surtout le vivre et l'écrire d'ailleurs...)




--

GUSTAVE COURBET

Posté le 23.01.2008 par belleplante
Ce texte n'est pas de moi; il provient du site EVENE.FR un site dédié à la culture que j'aime beaucoup et que je n'hésite pas à plagier (mais en le disant).
C'est bien écrit et ça parle de COURBET et vous savez que je suis un grand fan...
Cela vous expliquera pourquoi j'ai choisi l'un de ses tableaux comme image emblématique dans la définition même de ce modeste blog.....
Et quand je pense que bien qu'ayant vu presque toutes ses toiles, à Paris, Besançon, Ornans, Saint-Petersbourg et New-York je n'ai même pas pu aller voir l'exposition en question...!
******************************************************************

RETROSPECTIVE GUSTAVE COURBET AU GRAND PALAIS

Du 13 octobre au 28 janvier se tient, dans les galeries nationales du Grand Palais, l'exposition événement de Gustave Courbet. Trente ans après sa grande rétrospective à Paris, le Grand Palais revient sur le talent de ce peintre réaliste qui n'a eu de cesse de transgresser les codes traditionnels de la peinture.

Fils de famille aisée, Gustave Courbet se démarque de la peinture traditionnelle en s'attachant exclusivement à représenter cette réalité qu'il connaît pour y être ancré de façon presque viscérale. Connu pour vanter aussi bien les paysages de son pays que ses nombreuses conquêtes féminines, Courbet fait montre, au travers de ses compositions, d'un intérêt constant pour des sujets singuliers. Paysans et familles modestes peuplent une comédie humaine versant tantôt dans la scène sociale, tantôt dans le portrait de moeurs. Sans en atténuer les traits les plus marquants, Courbet met en scène une population bigarrée et donne, en les figeant sur ses toiles, une profondeur nouvelle à la diversité d'un terroir qui montre toute sa force expressive. A une époque où la réalité est vulgaire, cet aîné de quatre soeurs nous plonge au plus près de la féminité avec autant d'aplomb qu'un témoin direct des moeurs les plus intimes. Car entre les nus féminins, les paysans et leurs terres, la pratique de Gustave Courbet est fortement influencée par sa vie même. Ancré dans son temps, Courbet partage avec le positivisme un même élan vers l'objectivité, autrement dit, il n'est plus question de rejoindre les visées fantasmagoriques de ses pairs, habitués aux fresques mythologiques ou costumes d'époque, mais bien de donner vie à un monde qui ne l'a pas attendu. C'est là toute l'ambiguïté et toute la force d'une peinture qui se heurte, au long d'une confrontation tendue, à la réalité.


Le fonds du monde

Loin du pathos, Courbet nous plonge dans un monde terrestre où la fierté, la tenue et l'indépendance retracent les lignes d'un univers plein d'images. Un monde qui fait se heurter la rage des vagues au paisible relief de montagnes de calcaire, qui lie subtilement l'intimité d'un drap au poids des charges de paysans. Car de l'horizon lointain aux limites du voyeurisme, Courbet s'acharne à redessiner les lignes du réel, sans jamais céder à la mise en scène grandiloquente de compositions fantasmatiques. Cette plongée dans la réalité de son temps est ainsi pour une grande part responsable de la spécificité de sa peinture.

Le réalisme de Courbet est ambigu. Largement influencé par les Flamands et la Renaissance, sa peinture se distingue pourtant par le choix des motifs et leurs conséquences sur le monde qu'il met en branle. Des nus alanguis aux reliefs franc-comtois, c'est bien plus l'oeil de l'artiste qui se singularise dans ses toiles que le pinceau du maître. Cadres resserrés, perspectives tronquées et horizons dégagés, les représentations de Courbet le poussent à envisager à nouveaux frais les tonalités de ses compositions. Sans s'encombrer de détails, sa peinture se consacre à son seul sujet, quitte à en couper une partie lorsque la tension de la situation l'exige, ou même à cacher la lumière derrière un plan sombre. Ses 'Paysans de Flagey revenant de la foire' (ci-contre) sont à ce titre tout à fait symboliques de l'obscurité qui marque son oeuvre. Peignant cette procession de villageois, Courbet n'hésite pas à assombrir le ciel et à verser sur ses personnages une lumière aléatoire, qui n'atteint que très incidemment leurs visages. Dramatisation du voyage, cette représentation réduit la composition à une addition évidente : la troupe, la route et le ciel, laissant pour seul horizon une obscurité mal définie, un paysage informe. A eux donc de mener vers un autre lieu, vers ce point qu'ils ne regardent même plus.


Réalisme subjectif

Etranger à ce monde et à ses mondanités, le Franc-comtois fait de sa différence une singularité. En multipliant les autoportraits dans sa jeunesse, Courbet fait presque figure d’un Narcisse dont la fragile sensibilité est prête à rompre au contact du monde. Ainsi, de cette représentation de son corps, Courbet parvient toutefois à décliner l’autre, conservant l’unité d’une subjectivité en pleine affirmation. Tour à tour musicien, soldat ou dandy désabusé, ses travestissements déclinent la thématique d’une possibilité d’atteindre la différence en s’attachant au réalisme de la vraisemblance. Acteur de son propre jeu, Courbet trahit déjà les symptômes d’un démiurge guidé par une visée subjective de la réalité qu’il s’attache à mettre en scène. Sans perdre la poésie, cet univers est proprement pris au piège de la marque intime qu’il imprime sur le monde, prisme affectif au travers duquel se reflètent les rayons d’une réalité sublimée, aussi impossible qu’évidente, aussi éloignée qu’intime. Par ce mouvement, c’est l'idéalisme lui-même qui est déplacé. La beauté en tant que telle ne réside plus dans l’harmonie des formes et la majesté des compositions mais bien dans la somme démultipliée d'affects caractéristiques de la réalité, la poésie quotidienne.

A ce titre, son oeuvre se renouvelle sans cesse, la force de pesanteur sur les corps invitant à une relecture infinie des images qui l'entourent. De la charge pesant sur le travailleur à l'allongement du corps des femmes, aux traits tirés et aux formes girondes, le sol joue dans les oeuvres de Courbet une partition sans cesse renouvelée, contribuant à lui donner cette gravité sourde. Emergent ainsi langueur et distance, mêlés en un sentiment d'amour immobile, d'abandon tranquille aux bons soins d'une terre maternelle, forte et enveloppante. Ces femmes de tous et de personne laissent entrevoir un réel intouchable, un flottement hermétique à la mise sous tutelle des corps.

Transgression

Cette mise en scène de la femme, du sexe et de la nudité en plein dans le bouleversement social anime les milieux mondains confrontés, au travers de la littérature, à une sexualité qu'ils découvrent, à quelques encablures de leur vie. On pense ainsi au Zola de 'Germinal' et à ces amourettes buissonnières, cette sexualité affranchie des excès d'un Sade mais à mille lieues d'une vision romanesque tronquée, idéalisée et finalement niée. La sexualité est ici une vapeur indicible. Au-delà du symbole, elle transparaît dans les gestes de tous, comme surpris dans leur langueur. Mais plus encore, en mettant à un niveau équivalent sensualité et rudesse du monde agricole, Courbet réaffirme une naturalité propre à la vie des corps, qui ont besoin de travail autant que d'abandon, de rudesse autant que de volupté. En ce sens donc, la multiplication des nus n'est pas en soi une provocation, c'est bien la mise à niveau de la nudité et de la quotidienneté qui est inouïe pour l'époque. De l'attention à sa société naît le souci de la communauté d'un peintre pleinement conscient de cette classe qui l'entoure, qui nourrit et génère ses représentations. Une attention indissociable de ce goût de la politique qui a réveillé nombre de coeurs parmi les exégètes de son oeuvre.


Pourtant, très peu de toiles sont consacrées à la question politique pour elle-même. Même si, lorsque la guerre contre la Prusse éclate, Courbet fait preuve d'un esprit patriotique fort en vendant une de ses toiles pour offrir à la République française un canon, la question de l'engagement est étrangement absente. Pour ce "républicain de naissance", comme il aime à se définir, la démocratie est une question d'honneur, ce qui transparaît d'ailleurs dans son refus de la Légion d'honneur d'une France encore sous le joug du régime impérial. Et son accession au poste de délégué du VIe arrondissement du conseil de la Commune participe de ce souffle politique nouveau sur la France. Bien vite rattrapé par la Restauration, Courbet scellera, au travers de cette implication, la misère dans laquelle il finira sa vie, condamné à l'exil et à la précarité, hors d'une France qui lui réclame une somme astronomique pour avoir proposé de déboulonner la tour Vendôme. Néanmoins, on peut voir dans son 'Enterrement à Ornans' une illustration criante de son implication. La procession suivant le cortège dramatise au plus haut point les principaux protagonistes, entourant au long d'une masse informe de corps les indices géographiques. Même la fosse mortuaire semble écrasée sous cette forme obscure qui renvoie le regard vers d'autres points, vers d'autres problématiques. Et plus particulièrement cette confrontation directe, autour du tombeau mortuaire, des représentants de l'Eglise et des révolutionnaires.

Grandeur de la "décadence"

Loin de se priver de symboles, la peinture de Courbet porte en elle les marques d'une volonté de s'échapper, de ne pas s'épuiser dans la chronique sociale. L'attachement affectif, la fascination et l'amour font ainsi de son oeuvre une remontée aux confins du sentiment. De l'allégorie fameuse d'un 'Atelier du peintre' (ci-contre) envahi par les divers acteurs du processus aux éphèbes faits femmes de ses nus, sa peinture se fait carrefour, point de convergence des êtres en un moment unique du réel, ce lieu précis qui unit les différences pour en offrir une vision singulière. Et cette lecture offre un réel point d'entrée dans l'oeuvre d'un génie soumis à la tentation de "l'être", obsédé par cette profondeur vertigineuse de l'origine, de l'essence constitutive de la réalité. Ainsi son 'Origine du monde', au-delà de la boutade, remonte aux tréfonds de l'humanité, tout entière contenue dans cet étalage de chair, de désirs et de codes moraux.


Plus question, donc, de détourner les yeux quand Courbet nous prend à partie, nous exhorte à nous confronter au fondement de ce qui nous fait être, à ce moment intense et lumineux de révélation au monde. Cette expression, pour reprendre les mots de Zola, de "l'aspiration au vrai". Fin du bavardage, abandon conscient de la langue, la peinture est tout entière monstration, exposition d'une tourmente marquée par l'histoire et déjà ailleurs. Se révèle ainsi la soumission d'un homme à la nécessité impérieuse de l'artiste : représenter la réalité dans ce qu'elle a de plus propre, sa complexité infinie, son ambiguïté constitutive, qui tantôt se déchaîne, tantôt s'apaise, alanguie au creux d'un drap.

Guillaume BENOIT

L'origine du monde

Posté le 26.01.2008 par belleplante
Oeuvre vulgaire ou hommage à une source de vie ? Voici le fameux tableau qui fit la renommée scandaleuse de Courbet et bouleversa les codes de la peinture académique. Dès qu'il fut dévoilé au public, ses détracteurs le taxèrent de mauvais goût. Le cadrage serré de la pose accentue l'érotisme de la toile. Une peinture on ne peut plus réaliste. "L'origine du monde" (1866), huile sur toile, Paris, Musée d'Orsay.

Non je ne changerai pas cette oeuvre qui apparaît à chacun lors de la connexion
sur mon blog...cela me convient fort bien.....


Na !

*************

Petite réponse spéciale pour Kate à l'un de ses derniers commentaires :

Mais voyons chère amie, ce n'est pas parce que l'on regarde quelqu'un dormir que l'on
a (ou que l'on vient d'avoir) des rapports amoureux avec elle...
Oui je sais cela paraît compliqué et original mais les circonstances de la vie que je n'ai
pas le temps (ni vraiment l'envie?) de raconter ici sont ainsi...

Bref tout cela continue....une partie (petite ?) d'elle m'aime mais l'autre (partie)
l'empêche de s'ouvrir....PFFF.. la psychologie de l'éternel féminin m'aura bien
détruit le mental ce début 2008......

RAINER MARIA RILKE

Posté le 05.05.2008 par belleplante
Lettres à un jeune poète (extraits)

"Borgeby Gård, Flädie, Suède, le 12 août 1904 Je tiens de nouveau à vous parler un instant, cher monsieur Kappus, bien que je ne puisse rien dire qui fût de quelque secours, et soit à peine en mesure d'écrire quelque chose d'utile. Vous avez eu de nombreuses et grandes tristesses qui sont passées. Et vous dites que même le fait qu'elles aient passé vous a été pénible et fut délibitant. Mais demandez-vous, je vous en prie, si ces grandes tristesses ne vous ont pas traversées plutôt qu'elles n'ont passé? Si bien des choses en vous ne se sont pas transformées, si vous-même quelque part, en quelque endroit de votre être, vous n'avez pas changé tandis que vous étiez tristes? Seules sont dangereuses et mauvaises ces tristesses que l'on porte avec soi parmi les gens afin de couvrir leurs propos. Telles des maladies traitées superficiellement et de manière aberrante, elles ne font que reculer pour faire d'autant plus irruption après une courte rémission; et elles s'accumulent en vous, constituent une forme de vie non vécue, méprisée, gâchée, une forme de vie dont on peut mourir. S'il nous était possible de voir au-delà des limites où s'étend notre savoir, et encore un peu plus loin au-delà des contreforts de nos intuitions, peut-être alors supporterions-nous nos tristesses avec plus de confiance que nos joies. Elle sont, en effet, ces instants où quelque chose de nouveau a pénétré en nous, quelque chose d'inconnu; nos sentiments font silence alors, obéissant à une gêne effarouchée, tout en nous se rétracte, le silence se fait, et ce qui est nouveau, que personne ne connaît, se tient là, au centre, et se tait.


Je crois que presque toutes nos tristesses sont des moments de tension que nous ressentons comme une paralysie car nous sommes désormais sourds à la vie de nos sentiments devenus étranges. Nous sommes seuls, en effet, face à cette étrangeté qui est entrée en nous; car, pour un temps, tout ce qui nous est familier, tout ce qui est habituel nous est ravi; nous sommes, en effet, au coeur d'une transition où nous ne savons pas nous fixer. C'est aussi la raison pour laquelle la tristesse est passagère: ce qui est nouveau en nous, l'adjuvant de ce que nous étions, est allé jusqu'à notre coeur, a pénétré son lieu le plus intime, mais n'y est pas non plus resté: il a été passé dans le sang. Et nous ne savons pas ce que c'était. Il serait facile de nous persuader qu'il ne s'est rien passé; mais nous avons pourtant bien changé, comme change une maison où un hôte est entré. Nous sommes incapables de dire qui est entré, nous ne le saurons sans doute jamais, et pourtant bien de signes témoignent du fait que c'est ainsi que l'avenir pénètre en nous pour s'y modifier longtemps avant qu'il n'arrive lui-même. Voilà pourquoi il est si important d'être solitaire et attentif lorqu'on est triste: l'instant apparemment immobile où, semble-t-il, rien ne se passe, cet instant où l'avenir pénètre en nous est en effet beaucoup plus proche de la vie que cet autre moment arbitraire et patent où l'avenir nous arrive pour ainsi dire de l'extérieur.


Plus nous sommes silencieux, patients et disponibles lorsque nous sommes tristes, et plus ce qui est nouveau pénètrera profondément et sûrement en nous, mieux nous le ferons nôtre; il sera d'autant plus notre destin propre, et, plus tard, lorsqu'il «se produira» (c'est-à-dire lorsqu'il surgira de nous pour passer aux autres), nous nous sentirons profondément intimes et proches. Et c'est nécessaire. Il est nécessaire — et c'est vers cela que peu à peu doit tendre notre évolution — que nous ne nous heurtions à aucune expérience étrangère, mais que nous ne rencontrions que ce qui, depuis longtemps, nous appartient. Il a déjà fallu repenser tant de conceptions du mouvement qu'on saura peu à peu admettre que ce que nous appelons destin provient des hommes et ne vient pas de l'extérieur. C'est uniquement parce que nombre d'entre eux ne se sont pas imprégnés de leur destin quand il vivaient en eux, ne l'ont pas transformé en ce qu'il sont eux-même, qu'ils n'ont pas su reconnaître ce qui provenait d'eux; cela leur était si étranger que, dans leur crainte confuse, ils ont cru qu'il venait à l'instant de les atteindre car ils juraient n'avoir jamais auparavent rien trouvé de pareil en eux. De même qu'on s'est longtemps abusé à propos du mouvement du soleil, on continue encore à se tromper sur le mouvement de ce qui est à venir. L'avenir est fixe, cher monsieur Kappus, mais c'est nous qui nous nous déplaçons dans l'espace infini."

RAINER MARIA RILKE
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