La mort à ma porte ?
Posté le 01.05.2008 par belleplante
La mort à ma porte ?
Aujourd’hui, la mort est passée à la maison, enfin je pense bien que c’était elle… Oui c’est vrai cela semble absurde et inattendu d’autant plus que je ne l’avais jamais vraiment croisée sur les chemins de la vie (évidemment me direz-vous par définition)…D’ailleurs je me demande encore comment j’ai pu la reconnaître, sans doute l’intuition qui traverse peut-être tous les êtres qui l’approchent ou qui un jour croisent son regard, ce qui finit toujours par arriver… ?
Elle avait bonne mine. Je l’ai trouvée rajeunie, sans doute par comparaison avec la représentation que je m’en faisais à moins que je ne l’eu déjà vue en rêve, et finalement elle me semblait assez belle et calme pour un personnage si peu anodin. Peut-être le fait que son incarnation ici-bas soit une femme y était sans doute bien sur pour beaucoup mais sur le moment je n’y ai pas vraiment songé.. Cela devait quoiqu’il en soit faire longtemps que nous ne nous étions entrevus ni croisés sur cette planète et elle savait bien qu’en ce moment je n’étais ni surpris ni déçu, ni choqué de la voir alors que je ne l’attendais pas vraiment et surtout que je ne m’y attendais pas, comment aurais-je pu imaginer une telle rencontre avec celle que l’on nomme la faucheuse... ? Cela me semblait pourtant naturel « quelque part » car lorsque les excés des sentiments nous travaillent, nous les faibles mortels, on peut parfois se demander si ce n’est pas à elle qu’il nous faut se confier… ? Finalement derrière toute mélancolie n’y a-t-il pas un peu d’elle, n’y sent-on pas confusément sa présence ? Nous avions tant de choses à nous dire depuis le temps de notre dernière rencontre sans doute imaginaire dont d’ailleurs je ne me rappelais plus vraiment quand ni où elle avait bien pu avoir lieu exactement ?. Elle m’a donné de ses nouvelles, m’a dit qu’elle se sentait bien. Alors une fois de plus mon coté grand con a pris un peu le dessus et a voulu s’exprimer : J’ai souri. Je lui ai dit que sa nouvelle coiffure était vraiment sympa, qu’on entendait à sa voix douce mais grave et sensuelle qu’elle se portait comme un charme ; à la limite je n’étais pas loin de lui affirmer que j’étais heureux de la voir, troublé par le charme un peu maléfique de son regard profond mais presque métallique… Parfois, il y a eu des silences. Nous n’y avons pas trop prêté attention. Le temps est passé aussi vite que dans un tête à tête amoureux autour d’une bonne table.. Ce n’est pourtant pas la comparaison qui aurait du me venir en premier à l’esprit ? On a évoqué la vie qui passe et je n’ai pas pleuré. Cela m’étonnait moi-même. Etre si serein dans de telles circonstances…A la limite j’aurais pu dire que je me sentais bien et relativement apaisé comme si je pensais que ma vie se remettait entre de « bonnes mains »…On aurait même pu penser en regardant son visage laiteux et blafard mais souriant qu’elle était heureuse de pouvoir enfin me parler et de se confier à un simple mortel prêt à l’écouter, à la comprendre et à se raconter ? Je regardais la pâleur de sa gorge blanche et épanouie tout en cherchant mes mots et mes phrases afin de rester le plus fidèle possible à mes pensées ; je me laissais un peu emporter par une douce mélancolie qui peu à peu berçait mon âme…Si j’avais été davantage orgueilleux je me serais pris pour Gérard de Nerval ou Edgar Allan Poe mais la faiblesse de mes prétentions littéraires n’arrivant pas à la cheville de ces génies je suis resté sur terre durant toute notre conversation…
Alors, on a parlé, parlé, parlé… En se regardant droit dans les yeux, avec de larges sourires. Il faisait super beau pour un mois d'Avril, avec de petites bandes de nuages rondouillards. Mon regard aurait voulu s’enfuir par la fenêtre, mais rien à faire ! C’était trop important. C’était si essentiel. Emouvant aussi. La mort avait plein de trucs à dire. Je l’ai bien écoutée, sérieux, quasi studieux. Elle m’a dit qu’elle avait peur parfois, qu’elle faisait un boulot pas facile, qu’elle se posait souvent des questions. J’ai répondu qu’on en est tous bien conscient. De la difficulté du boulot, j’ai précisé, car elle semblait ne pas comprendre.
L’affaire a duré un bon moment comme ça. Elle parlait. J’écoutais. Parfois, je faisais un petit commentaire. Elle souriait sans entendre. Sa main a pris la mienne. J’ai pas osé la retirer. Je sentais dans la douceur de sa paume et aux douces caresses de ses doigts qu’elle aurait même été capable de m’aimer si elle en avait eu le temps, que l’on aurait pu faire un bout de chemin ensemble mais que vivre avec la mort, au fond ce n’était pas bien sérieux… Finalement son naturel a repris le dessus et elle s’est rappelé qu’elle se devait quand même de remplir un peu sa mission, même si ça n’était pas toujours simple ; d’ailleurs me disait-elle cela ne lui faisait pas forcément plaisir et elle aurait bien aimé faire autre chose..Sa vie et son enfance n’avaient pas non plus été des plus faciles et elle portait en elle comme un fardeau tout le poids de son passé, ses instants douloureux aussi bien que ses moments de lumière..Non pas qu’elle voulut se plaindre ni se révéler à un simple misérable mortel que j’étais (et que je suis encore) d’autant plus qu’elle souhaitait rester discrète mais l’espace d’un court moment on sentait bien naître dans son regard l’envie de se raconter, de davantage partager ce qu’elle était sans doute vraiment ? Mais à quoi bon devait-elle se demander… ? Le destin est le destin même pour elle et malgré le rôle important qu’elle se devait d’y jouer et sa destinée qu’elle se devait d’accomplir son humanité voulait s’exprimer et se montrer en toute sincérité humble et librement consentie pensais-je en l’écoutant parler. Elle m’a finalement demandé si je viendrais avec elle, car elle sentait bien ma mélancolie et mes sentiments jaillir dans une caresse de ma main prise dans la sienne. Si j’étais prêt à la suivre. Rien que nous deux. J’ai pas osé dire non. Elle est partie d’un grand rire. Je déconne, elle a dit. Retourne à tes nuages.Tu n’es vraiment qu’un collégien amoureux qui s’est égaré dans le temps, un quadra qui a encore cru qu’il était passionné comme à vingt ans…Cela la faisait même rire et elle était vraiment belle en me regardant dans les yeux alors que j’écoutais la douce musique de son rire… Je ne me le suis pas fait dire deux fois. Je me suis réveillé la tête dans le cul. J’étais content que ce ne soit pas une maladie. J’ai pensé que je n’avais même pas dit au revoir. Au fond de moi, je savais bien que cela ne me rendrait pas immortel pour autant….
Alors le réveil a sonné ….. Merde ! je sens que je vais bientôt devenir un vieux con…
PS Pas facile de trouver une photo pour ce rêve....?
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bonjour
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elleina le 03.05.2008
difficile de faire un com. là-dessus parceque en général on ne rêve pas de la mort de cete manière-là. Tu es vraiment un doux rêveur !!! à bientôt
Lien vers mon blogbonsoir
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elleina le 04.05.2008
merci d'être passé. Je vais écrire cette semaine sur Rhodes. A bientôt.
Si tu as le temps essaie de lire Marc qui vient aussi me lire. Je trouve qu'il y a une certaine similitude avec toi dans la manière d'écrire.
Lien vers mon blogre
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elleina le 04.05.2008
mais où est donc passée ta lectrice préférée ? je parle de Kate
Lien vers mon blogMerci Elleina de prende de mes
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Kate le 04.05.2008
nouvelles.
Il n'y a qu'une femme qui puisse être sensible à ce genre de "silence". Voyez vous, je pensais tout de même que Monsieur..?.. aurais au moins tout comme vous l'avez eu, la délicatesse de prendre de mes nouvelles, et bien NON !!!
Alors, j'ai décidé de le laisser avec son égoïsme d'HOMME et son indifférence envers une personne qui jusqu'à présent le respectait et lui vouait une certaine amitié.
L'amitié pour moi, MEME virtuelle est SINCERE.
Sachez tout de même que ce genre de situation ne se reproduira plus, effectivement je suis beaucoup trop sensible !
L'amitié virtuelle est désormais bannie de mon esprit.
Encore merci, Elleina et passez de bonnes vacances.
Je vous lis et j'attends en silence la suite de vos écrits (clin d'oeil).
Bien cordialement.
Des commentaires à moi même ?
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belleplante le 05.05.2008
Et oui on ne rêve nullement...Je dois me faire des commentaires à moi même; si ma bloggueuse préférée me laisse tomber comme une M....et se met à bouder (ce qui ne lui ressemble pas ?) que vais-je donc devenir ? Voilà ce qui récompense un excès de mesure et de discrétion ? Est-ce vraiment juste me souffle Calimero à l'oreille...
Lien vers mon blogCalimero,
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KKKKKKKK le 05.05.2008
te dit ce que tu ne veux pas entendre....
Me dire :
- "bonjour, comment vas-tu, as tu passé de bonnes vacances" ?
ne t'aurais pas écorché le "clavier" que je sache !
Ce ne sont que de petits signes amicaux qui donne chaud au coeur...
Ben, non !
Alors....
Je sais, j'ai le même à la maison !!!
PPPFFF !!!
GENIAL !
Posté par
Gertude le 11.05.2008
Je n'ai pas eu le temps ni pris d'ailleurs le temps, de lire ce texte plus tôt.
Je suis ravie de l'avoir fait.
Mais tu écris magnifiquement bien dis moi ?
Tu m'as captivé, tu m'as tenu en haleine moi qui aie une peur bleue de la mort !
BRAVO, mon gars, bravo !.
Tu ne débarrasseras pas de moi aussi vite que "la mort".
J'y suis, j'y reste, j'ai une mission à accomplir... Je ne sais si je peux te le dire aujourd'hui sur le blog à la vue de tous !
Je continue ma visite.
Mince, j'ai oublié...
Posté par
Gertude le 11.05.2008
pas mal, l'illustration.
J'suis trop speed !