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Nom du blog :
belleplante
Description du blog :
Je souhaite écrire ce que je veux....l'amour au fond il n'y a que ça qui m'intéresse ! (quoique..?)
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
29.11.2007
Dernière mise à jour :
06.10.2008
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Les commentaires que je reçois

Posté le 07.12.2007 par belleplante
On me demande de supprimer les commentaires de Gertrude mais pourquoi ?
Je viens juste de commencer cette modeste aventure de blogger-amateur le mois dernier et je suis bien content qu'il y ait quelques commentaires et lecteurs !...
Au moins ce que j'ai écrit (ou parfois cité) a-t'il été plus ou moins lu, voire partagé ?
N'est-ce pas vraiment là notre but?
D'autre part je ne conteste nullement le fait que certaines critiques se justifient; je pense que je me dois de savoir les accepter même si j'eusse de loin préféré en débattre par écrit dans cette merveilleuse langue française que j'aime tant (en tant qu'amateur motivé, vraiment sans prétention didactique aucune ni approche professorale de spécialiste que je ne suis nullement et ne souhaite pas être...)
La langue est belle et tenter de la faire chanter pour parler de l'amour en essayant de ne pas trop déraper ni dans le vulgaire, ni dans le faux romantisme rose complaisant sans se prendre non plus pour un artiste "kamasoutresque" est un loisir noble auquel je souhaite consacrer quelques heures de ma existence.
Etant actuellement trés amoureux de deux femmes magnifiques, ce que je ne pensais d'ailleurs jamais vivre un jour, n'est-ce pas le meilleur moment pour trouver en soi source d'inspiration, de motivation et même de création ?
L'amour fou du jeune collégien n'est pas plus ridicule que l'amour soi-disant construit et maîtrisé de l'homme mûr qui sent se réveiller en réalité en lui la passion qui a animé l'adolescent qu'il fut forcément un jour...

Décidément cet exercice me plaît; je continue !



--

Sylvie je t'aime

Posté le 07.12.2007 par belleplante

Toi la douce amie qui hante mes rêves
Sylvie je t’aime
Sans toi je n’ai plus ni paix ni trêve
Sylvie je t’aime
Sans toi je crois n’être plus rien
Sylvie je t’aime

Je te dois bien enfin de te le dire !
Sylvie je t’aime
C’est encore mieux de l’écrire ?
Sylvie je t’aime
Ce soir je ne veux plus être poète
Sylvie je t’aime
Sans toi je ne peux plus Être
Sylvie je t’aime

Je veux seulement être amoureux
Sylvie je t’aime
Amoureux de ce que tu es
Sylvie je t’aime
Prés de toi je suis si heureux
Sylvie je t’aime
Tout vraiment tout en toi me plaît
Sylvie je t’aime

Je suis amoureux de ce que tu seras
Sylvie je t’aime
Je suis amoureux de ce que tu voudras
Sylvie je t’aime
Je t’aime même si tu ne me parles pas
Sylvie je t’aime
Je t’aimerais si tu ne me voyais pas
Sylvie je t’aime

Je suis fou de rêver être dans tes bras ??
Sylvie je t’aime

Pardonne moi…………………….

B.G.

Le 5/12/2007
Train 4318

L'ingéniosité en amour...

Posté le 06.12.2007 par belleplante
Comment ai-je pu ne pas indiquer cette citation que j'aime tant et qui est un défi permanent pour tout homme qui se respecte ? Il faut toujours être motivé par ce type de challenge et savoir se remettre même modestement en cause; c'est au fond ce qui permet d'avancer.....?


L’ingéniosité en amour, c’est comme la poésie en littérature.
On peut s’en passer, mais c’est dommage
Frédéric Dard


ça c'est ce que l'on peut appeler la citation d'un maître, d'un grand maître......

Allez à bientôt,





Les premières lueurs du matin

Posté le 05.12.2007 par belleplante
Les premières lueurs du matin caressent ton épaule
Et moi hier soir j'ai encore écouté Let It Be
Et comment puis-je encore jouer mon rôle ?
En regardant avec délice ton corps alangui

Nul besoin de ferry-boat comme pour Serge
Les dieux sont là et l'amour aussi
De la Tamise restons sur les berges
Et nul besoin d'aller voir Chelsea

Le jeu de l'amour et du hasard
Cela n'existe pas où alors c'est lui qui joue
Avec nos pauvres coeurs faiblards
Pour un baiser déposé sur une joue !

Alors plus de XVIII° siècle, plus de libertins,
Nous sommes tous des enfants, des oiseaux perdus,
Vénus tient le monde entre ses seins
Et Eros pleure, d'amour éperdu...

On ne choisit point ce cruel jeu délicieux
Personne ne peut se croîre maître de son coeur
L'amour embrase la raison si il le veut
Aimer ainsi conduirait à un doux malheur....?


B.G

Billet suite aux réactions de Gertrude

Posté le 04.12.2007 par belleplante
Chère blogueuse,

je suis heureux de te faire rire; au moins je suis utile à quelque chose n'est-ce pas ?

Quant au tableau de Gustave COURBET dont j'ai beaucoup parcouru la région d'origine et ses paysages qui l'ont beaucoup influencé, il s'agit de la seule toile qu'il ait terminée et d'ailleurs il ne l'a pas signée...

Il ne faut pas avoir la gerbe, "nous en venons tous !" mais loin de moi l'idée de développer une morale de café du commerce...Quant au reste quel est l'homme qui n'a jamais rêvé à de gros seins ? mais en fait ce que je préfère sur la photo c'est le regard de cette femme....et le poéme s'adresse à une personne que j'aime réellement....

Que dire de plus,

Bises,

Tout cela n'est-pas vain?

Posté le 03.12.2007 par belleplante
Je me suis bien fait plaisir en écrivant (et en citant) ce qui me passait par la tête mais pourquoi ?
N'est-il pas vain et inutile d'ainsi passer son temps à se regarder soi même..?
Quoiqu'il en soit cet exercice ne fait a priori de mal à personne mais on va y retrouver toutes mes vieilles obsessions, ce culte du corps de la femme et de la tendresse inhérente aux rapports amoureux et l'attachement aux jeux de l'amour et du hasard avec un côté trés XVIII° siècle ?
Qu'y puis-je, on ne se refait pas surtout aprés avoir passé ce seuil fatidique (mais non pas traumatisant) des 45 ans de vie sur notre planète...?
N'oublions pas que nous avons la magnifique chance d'y être nés "du bon côté" et que s'amuser à évoquer sur un blog les émotions vécues liées aux rapports amoureux n'est pas vraiment donné à tout le monde sur cette terre.

Revenons donc à l'essentiel en évoquant la phrase du maître :

L’ingéniosité en amour, c’est comme la poésie en littérature.
On peut s’en passer, mais c’est dommage
Frédéric Dard

Pour tout dire et quoique bien modestement je pense "tout pareil".

Allez bises à tous,

Les chants de MALDOROR (Comte de Lautréamont)

Posté le 03.12.2007 par belleplante
Voici un texte, un peu long c'est vrai pour le blog, mais étant adolescent je l'ai vraiment beaucoup aimé...


Les Chants de Maldoror - Chant I
Strophe 9


Je me propose, sans être ému, de déclamer à grande voix la strophe sérieuse et froide que vous allez entendre. Vous, faites attention à ce qu’elle contient, et gardez-vous de l’impression pénible qu’elle ne manquera pas de laisser, comme une flétrissure, dans vos imaginations troublées. Ne croyez pas que je sois sur le point de mourir, car je ne suis pas encore un squelette, et la vieillesse n’est pas collée à mon front. Écartons en conséquence toute idée de comparaison avec le cygne, au moment où son existence s’envole, et ne voyez devant vous qu’un monstre, dont je suis heureux que vous ne puissiez pas apercevoir la figure ; mais, moins horrible est-elle que son âme. Cependant, je ne suis pas un criminel... Assez sur ce sujet. Il n’y a pas longtemps que j’ai revu la mer et foulé le pont des vaisseaux, et mes souvenirs sont vivaces comme si je l’avais quittée la veille. Soyez néanmoins, si vous le pouvez, aussi calmes que moi, dans cette lecture que je me repens déjà de vous offrir, et ne rougissez pas à la pensée de ce qu’est le cœur humain. O poulpe, au regard de soie ! toi, dont l’âme est inséparable de la mienne ; toi, le plus beau des habitants du globe terrestre, et qui commandes à un sérail de quatre cents ventouses ; toi, en qui siégent noblement, comme dans leur résidence naturelle, par un commun accord, d’un lien indestructible, la douce vertu communicative et les grâces divines, pourquoi n’es-tu pas avec moi, ton ventre de mercure contre ma poitrine d’aluminium, assis tous les deux sur quelque rocher du rivage, pour contempler ce spectacle que j’adore !

Vieil océan, aux vagues de cristal, tu ressembles proportionnellement à ces marques azurées que l’on voit sur le dos meurtri des mousses ; tu es un immense bleu, appliqué sur le corps de la terre : j’aime cette comparaison. Ainsi, à ton premier aspect, un souffle prolongé de tristesse, qu’on croirait être le murmure de ta brise suave, passe, en laissant des ineffaçables traces, sur l’âme profondément ébranlée, et tu rappelles au souvenir de tes amants, sans qu’on s’en rende toujours compte, les rudes commencements de l’homme, où il fait connaissance avec la douleur, qui ne le quitte plus. Je te salue, vieil océan !

Vieil océan, ta forme harmonieusement sphérique, qui réjouit la face grave de la géométrie, ne me rappelle que trop les petits yeux de l’homme, pareils à ceux du sanglier pour la petitesse, et à ceux des oiseaux de nuit pour la perfection circulaire du contour. Cependant, l’homme s’est cru beau dans tous les siècles. Moi, je suppose plutôt que l’homme ne croit à sa beauté que par amour-propre ; mais, qu’il n’est pas beau réellement et qu’il s’en doute ; car, pourquoi regarde-t-il la figure de son semblable avec tant de mépris ? Je te salue, vieil océan !

Vieil océan, tu es le symbole de l’identité : toujours égal à toi-même. Tu ne varies pas d’une manière essentielle, et, si tes vagues sont quelque part en furie, plus loin, dans quelque autre zone, elles sont dans le calme le plus complet. Tu n’es pas comme l’homme, qui s’arrête dans la rue, pour voir deux boule-dogues s’empoigner au cou, mais, qui ne s’arrête pas, quand un enterrement passe ; qui est ce matin accessible et ce soir de mauvaise humeur ; qui rit aujourd'hui et pleure demain. Je te salue, vieil océan !

Vieil océan, il n’y aurait rien d’impossible à ce que tu caches dans ton sein de futures utilités pour l’homme. Tu lui as déjà donné la baleine. Tu ne laisses pas facilement deviner aux yeux avides des sciences naturelles les mille secrets de ton intime organisation : tu es modeste. L’homme se vante sans cesse, et pour des minuties. Je te salue, vieil océan !

Vieil océan, les différentes espèces de poissons que tu nourris n’ont pas juré fraternité entre elles. Chaque espèce vit de son côté. Les tempéraments et les conformations qui varient dans chacune d’elles, expliquent, d’une manière satisfaisante, ce qui ne paraît d’abord qu’une anomalie. Il en est ainsi de l’homme, qui n’a pas les mêmes motifs d’excuse. Un morceau de terre est-il occupé par trente millions d’êtres humains, ceux-ci se croient obligés de ne pas se mêler de l’existence de leurs voisins, fixés comme des racines sur le morceau de terre qui suit. En descendant du grand au petit, chaque homme vit comme un sauvage dans sa tanière, et en sort rarement pour visiter son semblable, accroupi pareillement dans une autre tanière. La grande famille universelle des humains est une utopie digne de la logique la plus médiocre. En outre, du spectacle de tes mamelles fécondes, se dégage la notion d’ingratitude ; car, on pense aussitôt à ces parents nombreux, assez ingrats envers le Créateur, pour abandonner le fruit de leur misérable union. Je te salue, vieil océan !

Vieil océan, ta grandeur matérielle ne peut se comparer qu’à la mesure qu’on se fait de ce qu’il a fallu de puissance active pour engendrer la totalité de ta masse. On ne peut pas t’embrasser d’un coup d’œil. Pour te contempler, il faut que la vue tourne son télescope, par un mouvement continu, vers les quatre points de l’horizon, de même qu’un mathématicien, afin de résoudre une équation algébrique, est obligé d’examiner séparément les divers cas possibles, avant de trancher la difficulté. L’homme mange des substances nourrissantes, et fait d’autres efforts, dignes d’un meilleur sort, pour paraître gras. Qu’elle se gonfle tant qu’elle voudra, cette adorable grenouille. Sois tranquille, elle ne t’égalera pas en grosseur ; je le suppose, du moins. Je te salue, vieil océan !

Vieil océan, tes eaux sont amères. C’est exactement le même goût que le fiel que distille la critique sur les beaux-arts, sur les sciences, sur tout. Si quelqu’un a du génie, on le fait passer pour un idiot ; si quelque autre est beau de corps, c’est un bossu affreux. Certes, il faut que l’homme sente avec force son imperfection, dont les trois quarts d’ailleurs ne sont dus qu’à lui-même, pour la critiquer ainsi ! Je te salue, vieil océan !

Vieil océan, les hommes, malgré l’excellence de leurs méthodes, ne sont pas encore parvenus, aidés par les moyens d’investigation de la science, à mesurer la profondeur vertigineuse de tes abîmes ; tu en as que les sondes les plus longues, les plus pesantes, ont reconnu inaccessibles. Aux poissons... ça leur est permis : pas aux hommes. Souvent, je me suis demandé quelle chose était le plus facile à reconnaître : la profondeur de l’océan ou la profondeur du cœur humain ! Souvent, la main portée au front, debout sur les vaisseaux, tandis que la lune se balançait entre les mâts d’une façon irrégulière, je me suis surpris, faisant abstraction de tout ce qui n’était pas le but que je poursuivais, m’efforçant de résoudre ce difficile problème ! Oui, quel est le plus profond, le plus impénétrable des deux : l’océan ou le cœur humain ? Si trente ans d’expérience de la vie peuvent jusqu’à un certain point pencher la balance vers l’une ou l’autre de ces solutions, il me sera permis de dire que, malgré la profondeur de l’océan, il ne peut pas se mettre en ligne, quant à la comparaison sur cette propriété, avec la profondeur du cœur humain. J’ai été en relation avec des hommes qui ont été vertueux. Ils mouraient à soixante ans, et chacun ne manquait pas de s’écrier : "Ils ont fait le bien sur cette terre, c’est-à-dire qu’ils ont pratiqué la charité : voilà tout, ce n’est pas malin, chacun peut en faire autant." Qui comprendra pourquoi deux amants qui s’idolâtraient la veille, pour un mot mal interprété, s’écartent, l’un vers l’orient, l’autre vers l’occident, avec les aiguillons de la haine, de la vengeance, de l’amour et du remords, et ne se revoient plus, chacun drapé dans sa fierté solitaire. C’est un miracle qui se renouvelle chaque jour et qui n’en est pas moins miraculeux. Qui comprendra pourquoi l’on savoure non seulement les disgrâces générales de ses semblables, mais encore les particulières de ses amis les plus chers, tandis que l’on en est affligé en même temps ? Un exemple incontestable pour clore la série : l’homme dit hypocritement oui et pense non. C’est pour cela que les marcassins de l’humanité ont tant de confiance les uns dans les autres et ne sont pas égoïstes. Il reste à la psychologie beaucoup de progrès à faire. Je te salue, vieil océan !

Vieil océan, tu es si puissant, que les hommes l’ont appris à leurs propres dépens. Ils ont beau employer toutes les ressources de leur génie... incapables de te dominer. Ils ont trouvé leur maître. Je dis qu’ils ont trouvé quelque chose de plus fort qu’eux. Ce quelque chose a un nom. Ce nom est : l’océan ! La peur que tu leur inspires est telle, qu’ils te respectent. Malgré cela, tu fais valser leurs plus lourdes machines avec grâce, élégance et facilité. Tu leur fais faire des sauts gymnastiques jusqu’au ciel, et des plongeons admirables jusqu’au fond de tes domaines : un saltimbanque en serait jaloux. Bienheureux sont-ils, quand tu ne les enveloppes pas définitivement dans tes plis bouillonnants, pour aller voir, sans chemin de fer, dans tes entrailles aquatiques, comment se portent les poissons, et surtout comment ils se portent eux-mêmes. L’homme dit : "Je suis plus intelligent que l’océan." C’est possible ; c’est même assez vrai ; mais l’océan lui est plus redoutable que lui à l’océan : c’est ce qu’il n’est pas nécessaire de prouver. Ce patriarche observateur, contemporain des premières époques de notre globe suspendu, sourit de pitié, quand il assiste aux combats navals des nations. Voilà une centaine de léviathans qui sont sortis des mains de l’humanité. Les ordres emphatiques des supérieurs, les cris des blessés, les coups de canon, c’est du bruit fait exprès pour anéantir quelques secondes. Il paraît que le drame est fini, et que l’océan a tout mis dans son ventre. La gueule est formidable. Elle doit être grande vers le bas, dans la direction de l’inconnu ! Pour couronner enfin la stupide comédie, qui n’est pas même intéressante, on voit, au milieu des airs, quelque cigogne, attardée par la fatigue, qui se met à crier, sans arrêter l’envergure de son vol : "Tiens !... je la trouve mauvaise ! Il y avait en bas des points noirs ; j’ai fermé les yeux : ils ont disparu." Je te salue, vieil océan !

Vieil océan, ô grand célibataire, quand tu parcours la solitude solennelle de tes royaumes flegmatiques, tu t’enorgueillis à juste titre de ta magnificence native, et des éloges vrais que je m’empresse de te donner. Balancé voluptueusement par les molles effluves de ta lenteur majestueuse, qui est le plus grandiose parmi les attributs dont le souverain pouvoir t’a gratifié, tu déroules, au milieu d’un sombre mystère, sur toute ta surface sublime, tes vagues incomparables, avec le sentiment calme de ta puissance éternelle. Elles se suivent parallèlement, séparées par de courts intervalles. A peine l’une diminue, qu’une autre va à sa rencontre en grandissant, accompagnées du bruit mélancolique de l’écume qui se fond, pour nous avertir que tout est écume. (Ainsi, les êtres humains, ces vagues vivantes, meurent l’un après l’autre, d’une manière monotone ; mais, sans laisser de bruit écumeux). L’oiseau de passage se repose sur elles avec confiance, et se laisse abandonner à leurs mouvements, pleins d’une grâce fière, jusqu’à ce que les os de ses ailes aient recouvré leur vigueur accoutumée pour continuer le pèlerinage aérien. Je voudrais que la majesté humaine ne fût que l’incarnation du reflet de la tienne. Je demande beaucoup, et ce souhait sincère est glorieux pour toi. Ta grandeur morale, image de l’infini, est immense comme la réflexion du philosophe, comme l’amour de la femme, comme la beauté divine de l’oiseau, comme les méditations du poète. Tu es plus beau que la nuit. Réponds-moi, océan, veux-tu être mon frère ? Remue-toi avec impétuosité... plus... plus encore, si tu veux que je te compare à la vengeance de Dieu ; allonge tes griffes livides, en te frayant un chemin sur ton propre sein... c’est bien. Déroule tes vagues épouvantables, océan hideux, compris par moi seul, et devant lequel je tombe, prosterné à tes genoux. La majesté de l’homme est empruntée ; il ne m’imposera point : toi, oui. Oh ! quand tu t’avances, la crête haute et terrible, entouré de tes replis tortueux comme d’une cour, magnétiseur et farouche, roulant tes ondes les unes sur les autres, avec la conscience de ce que tu es, pendant que tu pousses, des profondeurs de ta poitrine, comme accablé d’un remords intense que je ne puis pas découvrir, ce sourd mugissement perpétuel que les hommes redoutent tant, même quand ils te contemplent, en sûreté, tremblants sur le rivage, alors, je vois qu’il ne m’appartient pas, le droit insigne de me dire ton égal. C’est pourquoi, en présence de ta supériorité, je te donnerais tout mon amour (et nul ne sait la quantité d’amour que contiennent mes aspirations vers le beau), si tu ne me faisais douloureusement penser à mes semblables, qui forment avec toi le plus ironique contraste, l’antithèse la plus bouffonne que l’on ait jamais vue dans la création : je ne puis pas t’aimer, je te déteste. Pourquoi reviens-je à toi, pour la millième fois, vers tes bras amis, qui s’entr'ouvrent, pour caresser mon front brûlant, qui voit disparaître la fièvre à leur contact ! Je ne connais pas ta destinée cachée ; tout ce qui te concerne m’intéresse. Dis-moi donc si tu es la demeure du prince des ténèbres. Dis-le moi... dis-le moi, océan (à moi seul, pour ne pas attrister ceux qui n’ont encore connu que les illusions), et si le souffle de Satan crée les tempêtes qui soulèvent tes eaux salées jusqu’aux nuages. Il faut que tu me le dises, parce que je me réjouirais de savoir l’enfer si près de l’homme. Je veux que celle-ci soit la dernière strophe de mon invocation. Par conséquent, une seule fois encore, je veux te saluer et te faire mes adieux ! Vieil océan, aux vagues de cristal... Mes yeux se mouillent de larmes abondantes, et je n’ai pas la force de poursuivre ; car, je sens que le moment venu de revenir parmi les hommes, à l’aspect brutal ; mais... courage ! Faisons un grand effort, et accomplissons, avec le sentiment du devoir, notre destinée sur cette terre. Je te salue, vieil océan !

L'Erotisme

Posté le 03.12.2007 par belleplante
On ne voit pas en quoi l'érotisme pourrait être nuisible pour l'entourage, ou menaçant pour les institutions, sa pratique n'ayant pour objet que de retirer la quintessence des joies de l'amour et de les faire partager. En cela, elle se définit comme un comportement altruiste;

La Motte-Houdar

DAPHNE

Posté le 02.12.2007 par belleplante
L'apparition

Elle traînait le pas au bord de l'onde, parmi les herbes hautes. Sa robe d'un autre temps glissait le long de son corps, je détournais le regard avant de m'enfuir, l'âme en feu, le coeur à vif. Chaque jour je revenais, toujours je me sauvais. Jusqu'au jour où je trouvai le courage de rester. Je l'épiai alors qu'elle entra dans les flots. La créature s'ébattit devant moi, j'en tremblai. C'était la première fois. Depuis ma cachette je voyais sa chevelure ondoyer, son flanc émerger, sa gorge jouer dans le courant.

Simple mortel, j'étais témoin de cette apparition qui devait me marquer pour la vie. Peu d'hommes croiraient à mon aventure. Mais elle était là, elle nageait, chantait, et moi, tétanisé, je l'observais. A moi le fils des hommes, à moi l'humble enfant de la Terre il était interdit de voir la baigneuse. Fasciné, tremblant, je bravais le tabou. Allais-je survivre à la profanation ? Je craignis de perdre la vue, la raison, la vie ou que sais-je ? Le péril était grand, mais n'en valait-il pas la peine ? Puis la crainte du courroux divin me gagna. J'en avais vu assez pour donner du prix à une existence entière, peupler toute une vie de songes radieux. Ou de cauchemars rédempteurs.

Je m'éclipsai. Courant comme un fou, haletant, les larmes aux yeux, la fièvre au corps, je me sentais des ailes. J'étais le plus chanceux des hommes. Le plus malheureux aussi. A quel prix le Ciel allait-il me faire payer le sacrilège ? Je courais sans oser me retourner, comme si tous les dieux de l'Olympe étaient à mes trousses.

J'avais vu.

Au bord de la rivière j'avais surpris par hasard celle que je ne devais jamais voir, et au lieu de fuir et oublier j'ai voulu connaître certain secret. Les jours suivants j'étais revenu la guetter, dissimulé dans l'ombre. J'avais osé violer l'intimité de la légende, entrer dans l'onirique tabernacle, regarder en face le Mystère.

J'avais contemplé dans sa splendeur la fabuleuse, la mythique, l'hellénique Daphné.


© Raphaël Zacharie De Izarra


La femme est un monde....?

Posté le 02.12.2007 par belleplante
La femme est un monde ou le monde est une femme ??



Ps : Non non malgré les photos figurant sur cette page je ne suis pas rien qu'un obsédé...!
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